Depuis que je suis rentrée au Québec, je retrouve une médecine que j’aime beaucoup, maintenant depuis 15 ans… la douceur et l’accueil.
Même si j’aime le Mexique de tout mon être et de tout mon cœur, peut-être même de toute mon âme, je ressens parfois qu’il y a un manque de douceur, celle que je retrouve ici au Québec.
Ici, pourtant, parfois je me surprends à trouver cela trop doux, le feu me manque souvent. C’est pour cela que je pars régulièrement, pour me recharger.
En même temps, à ce moment de ma vie, cette douceur me fait du bien, comme si je pouvais me déposer dans un grand manteau blanc qui recouvre mes plaies.
Ici, le jugement est rare. On accueille, on laisse vivre, à part quand certains font des choses assez intenses.
Cela me fait du bien.
Je le dis ici puisque quand on est né dans un pays, on peut ne pas voir ses qualités, habitués à ce qu’elles soient une norme.
Elles le sont ici, mais pas ailleurs.
Et puis, il y a cette profondeur, celle qui ne se trouve que dans un hiver long, ces hivers en entier de 6-7 mois que j’ai fait pendant longtemps.
Même si je ne veux plus faire des hivers en entier, je comprends.
Je comprends ce que cela fait de toucher à la profondeur de nos êtres, à nos abîmes, aux racines de nos souffrances, plongé dans la glace et le frette.
Cela crée une posture, un regard, qui est « Québécois » et que je ne pourrais expliquer. Un mélange de survivance, d’amour, de joie de sortir de l’hiver et.. de profondeur.
Un Québécois, ça comprend. Sans nécessairement beaucoup de mots puisque le silence de l’hiver vaut milles mots qui ne veulent rien dire.
Même si j’ai passé deux mois dans le Sud, je me relaxe encore dans cette médecine de l’hiver, qui, avec surprise est encore là pour nous offrir une extension de douceur et de silence.
Que l’on le veuille ou non, cela nous pousse à aller encore à l’intérieur… encore..
Puisque la voie est ainsi. Elle est intérieur.
Tout part de l’intérieur.
Nos intentions, nos désirs, notre volonté, notre guérison.
Et ça c’est la médecine du Québec.. l’intérieur…
Et une fois qu’on y touche, on peut aller s’amuser 4 mois à l’extérieur, à fond.
Parce qu’un Québécois c’est aussi cela.
Un humain qui sait rire et pleurer, chanter et déprimer, vivre l’hiver et l’été, s’enfermer pendant des mois et sortir pendant des mois…
Cela m’apprend, finalement, la beauté de l’humanité… et de ses constrastes.
Mon cher Québec, je t’aime, et même si je repars bientôt en contrée chaude, une patte dans mon cœur, s’est profondément enraciné ici et ne partira jamais.
Alyah